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La formation en France : un monde en transition où des progrès sont encore à faire

Ne figurant qu’au 25ème rang du classement de l’OCDE*, avec une participation annuelle de seulement 36 % des salariés à des activités formelles et/ou non formelles de formation, la France se positionne loin du peloton de tête européen, derrière les Pays-Bas (64%), le Royaume-Uni (56%) et l’Allemagne (53%)… Et ce, malgré les 32 milliards d’euros investis chaque année ! Des résultats médiocres pour la formation professionnelle en France qui peuvent avoir plusieurs explications.

La formation professionnelle en France : un écosystème complexe

C’est ce que pointe la Cour des comptes, dans son rapport annuel de 2017,  dans lequel elle  mentionne  « une multiplicité des prestataires de formation ». Alors que l’Allemagne compte environ 6 000 organismes, la France en dénombre 55 000 (soit 9 fois plus que sa voisine d’outre-Rhin) pour un taux de participation plus faible. Cet émiettement de l’offre en une myriade d’organismes généralistes ou spécialisés de tailles extrêmement variables se traduit immanquablement par une certaine dilution de l’impact des actions de formation pouvant confiner au saupoudrage. Cet élément est renforcé par la complexité des dispositifs de financement, des critères de prise en charge souvent variables et des relations avec les acteurs institutionnels tels que les OPCA et OPACIF.

La France, moins friande du digital learning

Nous en parlions encore récemment sur notre blog, le digital se fait peu à peu une place dans le monde de la formation… Mais si l’on en croit le Baromètre Formation 2016 paru dans l’Actualité de la Formation, la France semble avoir un peu de retard en comparaison des autres pays européens.
Ainsi, alors que 61% des Espagnols déclarent s’être formés grâce à des modules d’e-learning au cours des 3 dernières années, les Français sont 2 fois moins nombreux à déclarer profiter de ces modalités d’apprentissage. De même, ils ne seraient que 25 % à avoir recours aux Mooc, Spoc et autres Cooc, là où les Britanniques, plus demandeurs, atteignent les 45 %. Cette réticence s’explique notamment par l’ancrage dans l’imaginaire culturel français des formes traditionnelles de l’apprentissage et, sans remonter jusqu’à la figure de l’instituteur, « hussard noir de la République », a minima de la proximité immédiate du professeur et de l’élève dans l’Education nationale – relation qu’il est aujourd’hui indispensable d’arriver à dépasser.

Un point illustre la nécessaire évolution des acteurs du secteur de la formation. « Alors que 58% des entreprises françaises privilégient les plans de formation mixte, 67% des organismes de formation ne proposent que du présentiel à leurs clients », précise Agnès GUYOT – Directrice des Achats chez Develop’Invest. Un développement de l’offre permettrait de pousser les entreprises comme les apprenants à évoluer et à adapter leurs structures et leurs modes d’apprentissages en prenant définitivement la vague de la transformation digitale.

D’autre part, un autre obstacle réside dans la difficulté à quantifier l’apport de modalités d’apprentissage plus informelles, voire alternatives, telles que les communautés apprenantes ou le transfert de connaissances et d’expérience de quelqu’un de plus senior, ou plus « sachant », vers quelqu’un de plus junior. Ces formes plus diffuses de transmission du savoir rendent difficile de suivre les connaissances transférées ou d’en établir le retour sur investissement.

Des collaborateurs qui attendent beaucoup de leurs employeurs

Parmi les raisons invoquées pour expliquer leur non-participation à des activités de formation professionnelle au cours de ces 12 derniers mois, 18% des Français mentionnent le « manque de soutien de l’employeur »un chiffre qui contraste avec la moyenne de l’OCDE qui plafonne à 8%** !

Pourtant, il existe indéniablement un intérêt des individus à leur évolution comme à leur employabilité. « Bien que les Français soient nombreux (50%) à se renseigner en ligne sur les formations, ils comptent énormément sur les services RH des entreprises. C’est le cas de 40% d’entre eux. Arrivent ensuite, loin derrière, les sollicitations auprès des organismes de formation (20%)*** », commente Agnès GUYOT. Au-delà d’une question éventuelle de mentalité, c’est aussi dû à la difficulté de s’y retrouver dans un environnement foisonnant à la fois en termes de certifications possibles que de dispositifs de financement existants, à la lisibilité très réduite pour les non-initiés.

Cependant, même si la formation professionnelle en France doit encore évoluer sur certains points, il faut néanmoins  souligner que la formation reste un enjeu capital pour les Français sur lequel la collectivité maintient un investissement considérable. Les réformes, récentes ou envisagées, témoignent de la volonté de faire évoluer ce système pour s’adapter aux nouvelles formes d’apprentissage comme aux enjeux futurs de la société.

Benoît GIULIERI – Develop’Invest, responsable formation & développement chez American Express Carte France

http://www.magazine-decideurs.com/news/formation-en-france-peut-mieux-faire 

** https://www.oecd.org/edu/France-EAG2014-Country-Note-french.pdf

*** OCDE

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